Le monde “de la comm’” est décidément merveilleux.
Alors que les partisans des PR (Relations Publiques) et, plus particulièrement, les tenants des Online PR (la même chose mais sur Internet) prônant la prise de pouvoir du consommateur et la nécessité d’un véritable dialogue entre les marques et leurs cible (dont je fais d’ailleurs partie) s’évertuent à expliquer les nouveaux paradigmes de la communication, il est bon de savoir que des agences de communication, et plus particulièrement de publicité (bouuhhh le gros mot), restent fidèles à leur valeurs et à leurs “méthodes”.
Les choses avaient pourtant l’air de bouger…
Depuis que je fais ce métier, j’ai développé une aversion grandissante envers la publicité. Non pas celle, originale et innovante, qui sait attirer l’attention ou susciter une émotion/réflexion sur un sujet particulier (il suffit d’ailleurs de chercher sur mon blog, sur Youtube et dans les archives des Lions de Cannes pour en trouver) mais la bonne vieille “réclame” ignare et indécente. Vous savez celle dont on vous matraque entre le journal de 20 heures et la météo.
J’en veux pour preuve la tendance lourde (dans tous les sens du terme) qui m’horripile au plus haut point : le spot court, très court, idiot au possible et qui ose reprendre un air connu, en modifier les paroles et nous l’asséner aux heures de grandes écoute.
On nous le propose d’ailleurs à toutes les sauces. Polnareff chante pour Foncia, Caroline Loeb revit grâce à la MAF tout comme le groupe Opus avec les agences Laforêt. Ne cherchez pas, ces “tubes” sont partout et pourchassent la part de votre cerveau encore disponible.
Et c’est ainsi que Village People, icône du mouvement Gay des années 80, est associée à l’image de William Saurin pour vous vendre… de la choucroute ou du cassoulet. L’analogie est là et la ménagère de moins de 50 ans n’y voit que du feu.
Même principe pour Fleury Michon qui vous vend du surimi sur un air de Black et de son It’s a wonderful life. Bien sûr que manger du surimi et du jambon rend la vie plus belle. Surtout après 30 mins de journal TV sur fond de “C’est la crise”.
Vous pensez que cela ne “touche” que la ménagère de moins de 50 ans nostalgique des années passées de sa jeunesse, une boîte de cassoulet dans la main et un surimi dans l’autre ? Que nenni. Histoire de rajeunir sa clientèle, Castorama n’hésite pas à vous fournir une série de spots sur un air de Patrick Juvet. “Où sont les femmes” pour 4 demoiselles déguisées en part de pizza ou marguerite. Il n’y a pas à dire on les cherche encore.
Mais vous savez quoi ? Le pire dans tout cela est que la majorité de ces spots niais est issue d’une même agence qui revendique haut et fort cette paternité : Business. Égarement d’un créatif sous acide à cheveux longs désormais “partis à l’insu de son plein gré” ? Vous avez tout faux. Il s’agit d’une méthode de création rigoureuse que Eric Bousquet, Président Directeur Général, revendique haut et fort
Business est aujourd’hui la 1ère agence TV et ce n’est pas un hasard, car depuis près de 30 ans, nous appliquons notre méthode avec rigueur et détermination. Une méthode qui repose sur 3 points essentiels : des messages courts, des musiques et slogans mémorisables, un médiaplanning intelligent pour retrouver les téléspectateurs .
Eh oui, il existe bien une méthode Business qui est même détaillée dans une rubrique dédiée du site Internet de l’agence.
Formats courts et percutant
Proches de la réclame (de 8 à 12 secondes en recherche de notoriété)Slogans puissant
Capables de verrouiller la mémorisation de la marque.Musiques entrainantes
Faisant écho à des mélodies connues afin de capter l’attention du téléspectateur.Intervention de personnalités
Pour renforcer l’autorité de la marque (Johnny Hallyday ; Maïté, Michel Leeb, David Douillet, Muriel Robin, Arielle Dombasle, Marc Veyrat, Guy Roux…).
Notez au passage, le wording à haute valeur ajoutée utilisé pour décrire cette méthode vieille de 30 ans (!) : “formats percutants”, “slogans puissants”, “musiques entrainantes”. Il n’y a pas à dire, ces gens connaissent leur métier et savent le présenter à leurs clients.
Problème, il y a fort à parier qu’en l’espace de 30 ans les consommateurs on quelque peu évolué… Il serait peut être temps de changer la façon dont on s’adresse à eux, non ? Business n’est, bien sûr, que la face la plus visible de l’iceberg. Je n’ai d’ailleurs pas grand chose contre eux en dehors de leurs spots.
Non, vraiment si je devais élire le pire spot du PAF, je voterais volontiers pour cette ignominie chargée de nous vendre du Velouté Fruix.
J’aimerais beaucoup rencontrer le créa à l’origine de cette “chose” afin qu’il m’explique comment il a pu, éthiquement parlant bien sûr, sortir cela… Non, vraiment, le monde “de la comm’” est décidément merveilleux. Vase, concurrentiel, disparate, contradictoire mais vraiment merveilleux.

